Conférences


Programme des conférences – Résumés

Lundi 29 octobre, après le dîner :

Yves BARON – Flore et végétation en Poitou

Le milieu physique, d’après la Carte de la végétation : climat, géologie, sols.
Son intégration par les plantes : séries de végétation, cortèges, voies de migrations, échelons d’appauvrissement.
Les particularismes poitevins : mémoire de « climats fossiles », empreinte humaine, évolution en cours (endémisme, reliques glaciaires, xérothermiques, espèces introduites, naturalisées, échappées de culture, invasives… ).
Le cas des Gymnospermes et des Cryptogames.

Mardi 30 octobre, à 17h00 :

Salle des Echevins à l’hôtel de Ville de Poitiers

Catherine MENARD – Gestion écologique des espaces verts de la Ville de Poitiers
(cf. article ci-dessous)

Mardi 30 octobre : après diner :

Christian LECHAT – Culture et anamorphes chez les Nectriaceae :

L’auteur présente une étude des genres d’Hypocreales dans la Famille des Nectriaceae et explique l’importance des cultures pour toutes les espèces étudiées ainsi que la méthode mise en œuvre pour obtenir les anamorphes.
Les Genres sont présentés avec leurs caractères déterminants ainsi que leurs anamorphes.

Mercredi 31 octobre : Après le dîner :

Pascal HERIVEAU – La beauté troublante des champignons

Pourquoi les champignons exercent-ils une telle fascination sur les mycologues ? A les observer et à les étudier, impossible de trouver l’ennui vous diront-ils ! En effet, au Royaume de l’éphémère, ces productions de la nature réservent bien des surprises, à commencer par leur imprévisible poussée. Comment ne pas être sensible à des couleurs chatoyantes, plutôt inattendues chez les champignons, à des formes excentriques dont la raison nous échappe, à des situations écologiques cocasses, … Le champ d’observation est vaste, et multiples sont les sujets d’émerveillement, pour peu que le naturaliste ait gardé sa capacité d’étonnement. Au photographe alors à saisir l’esthétique et l’étrangeté, sans négliger humour, tendresse et poésie.

Vendredi 2 novembre, avant dîner :

Claudy JOLIVET – Sols et champignons : vers de futures collaborations pédo-mycologiques ?
(Cf article ci-dessous)

Vendredi 2 novembre, après dîner :

Michel HAIRAUD – Sur quelques discomycètes choisis de Poitou-Charentes :

Il s’agit d’une présentation d’une quarantaine d’espèces, couvrant plusieurs grandes coupures de la classification : Hélotiales, Pezizomycètes, Orbiliomycètes, dont beaucoup rarement signalées, voire en cours de description avant publication. (Scoops en stock, dirait Hergé)
La présentation (macro et micro) sera divisée en quatre grandes parties liées aux lieux de récoltes :
Le Marais Poitevin, le milieu forestier, la côte saintongeaise et divers autres.


La gestion écologique des espaces verts

Catherine Ménard
Service de l’Environnement et des espaces verts – Ville de Poitiers
1 bis rue Léopold Thézard – 86000 POITIERS
Tél. 05 49 41 91 15
catherine.menard@mairie-poitiers.fr

Naissance de la démarche…

Depuis 1997, le Service de l’Environnement et des espaces verts cherche à pratiquer un entretien plus respectueux de l’environnement, qui s’est traduit en janvier 2000 par l’adoption en Municipalité de la démarche de gestion écologique des espaces verts, basée sur le principe d’entretien différencié.

Ce mode d’entretien plus respectueux de l’environnement consiste à intervenir différemment sur les espaces verts selon leur nature, leur situation (topographie, géologie, environnement) et leur fonction. L’objectif est de trouver un équilibre entre le confort paysager et les attentes du public d’une part, les contraintes écologiques, pratiques et économiques d’autre part.

Cinq niveaux d’entretien ont été définis, du parc public aux espaces naturels (boisements, prairies humides, zones refuges d’herbes hautes). L’objectif est que chaque quartier puisse présenter aux usagers des espaces de détente variés, en adaptant le type d’entretien à chaque site.

Ce qui change…

Cette nouvelle gestion modifie les pratiques et le fonctionnement des services municipaux, mais demande également à tous, un changement de regard. Ce qui était considéré comme « propre » hier était en réalité le fruit d’une pollution chimique (produits phytosanitaires) et génétique (introductions massives d’espèces végétales exotiques qui concurrencent les espèces locales). Aujourd’hui, de l’herbe au pied des arbres ou des fleurs dans la pelouse, sont autant de signes de la biodiversité végétale naturelle et de son adaptation aux contraintes du milieu environnant.

Principes généraux :

Mise en œuvre dans les serres et les espaces verts d’une Protection Biologique Intégrée.

Recyclage des déchets verts : broyat de branches, utilisé comme paillage des massifs, arbres et arbustes. Compostage des feuilles, enherbement des stabilisés, végétalisation du pied des arbres.

Maintien des haies champêtres. Conservation et entretien des milieux humides : fauche tardive, aucun produit chimique, plantation d’espèces indigènes, tri des déchets ramassés sur les espaces verts, et du papier.

Suivi et réduction de la consommation d’eau (arrosages nocturnes, programmation et centralisation de l’arrosage intégré, réutilisation de l’eau des piscines). Réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires, en tendant progressivement vers zéro.

Après 7 années de mise en place, d’essais et expérimentations diverses, les pratiques continuent d’évoluer, s’inscrivant dans la démarche de progrès continu et de concertation qu’implique toute démarche de développement durable.

Dépliant reproduit avec l’aimable autorisation de la Mairie de Poitiers


Sols et champignons :

vers de futures collaborations pédo-mycologiques ?

Claudy JOLIVET
INRA Centre de Recherches d’Orléans – US 1106 INFOSOL
2163, Avenue de la Pomme de Pin – BP 20619 Ardon
45166 OLIVET cedex
Tél : (+33) 02 38 41 48 24
Fax : (+33) 02 38 41 78 69
e-mail : claudy.jolivet@orleans.inra.fr

Le sol est un milieu vivant. L’abondance, la diversité et l’activité des organismes vivants que l’on y trouve, en particulier dans les trente premiers centimètres, sont un des facteurs de sa qualité. Tous ces organismes (faune et flore), et plus particulièrement les micro-organismes, bactéries et champignons, jouent un rôle primordial dans la formation des sols et leur évolution. Si les sols et les champignons ont des liens étroits dans la nature, qu’en est-il de ceux qui les étudient ?

Les bases de données pédologiques constituées par le Groupement d’Intérêt Scientifique Sol (www.gissol.fr) représentent une source considérable de données sur les sols français (bases de données cartographiques multi-échelle, bases de données associées aux réseaux de surveillance de la qualité des sols). L’utilisation de données pédologiques dans les études mycologiques semble encore relativement limitée. Pourtant de nombreuses applications seraient envisageables. Parmi ces applications, le recours aux données pédologiques comme variables explicatives de la répartition des espèces, des associations ou des groupements fonctionnels dans les études myco-écologiques pourrait être une piste intéressante. Un autre aspect concerne l’intégration de données mycologiques dans les réseaux de surveillance environnementaux, notamment ceux qui s’intéressent à la qualité des sols. Le travail amorcé par l’Observatoire mycologique français, sur les placettes RENECOFOR, il y a plus de dix ans et qui se poursuit actuellement illustre l’intérêt d’associer des inventaires mycologiques systématiques aux réseaux de surveillance. La généralisation de ce type d’approche, en associant des inventaires classiques basés sur la présence des sporophores et des approches moléculaires (ADN fongique) et en les confrontant aux données pédologiques et environnementales collectées dans le cadre des réseaux de surveillance est une autre piste à explorer. Les travaux utilisant les champignons comme indicateurs de biodiversité ou de contamination des sols par les métaux lourds, les radionucléides ou les pesticides ont aussi apporté des résultats intéressants et pourraient être repris dans le cadre de ces réseaux.

De quelles données pédologiques disposons-nous ? Comment pourrait-on les valoriser dans le cadre des inventaires mycologiques ? Quelles utilisations des données pédologiques et mycologiques envisager dans le cadre des programmes de surveillance environnementaux ? Cette présentation aura pour objectif de présenter les données pédologiques disponibles ou en cours d’acquisition sur le territoire français, puis de proposer quelques pistes de recherches et de réflexions pour ouvrir le champ des investigations pédo-mycologiques et envisager de futures collaborations entre pédologues et mycologues.

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